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Note à l’attention du CODEV, pour la réunion du 27 mars 2003.
Introduction
Le CODEV a sollicité arborus, association qui a pour objet la
promotion des femmes dans le prise de décision, sur deux sujets :
- Comment éviter les mises à la retraite des seniors, avec un
regard tout particulier pour les femmes, et comment inciter à mettre
en oeuvre des bonnes pratiques ?
- Comment mettre fin aux désavantages que subissent les femmes qui
accèdent moins facilement aux postes d’encadrement que les hommes,
même à Paris.
Eléments
de réponse
I - Concernant la première question relative aux femmes « seniors »
qui se voient contraintes de quitter l’entreprise.
Les problèmes soulevés par le départ anticipé à la retraite des
femmes d’âge mûr imposent une réflexion urgente quant à la recherche
de solutions pérennes. En effet, globalement, les femmes ont des
parcours professionnel moins longs et souvent plus chaotiques que ceux
des hommes du fait notamment d’une ou de plusieurs périodes de
maternité. Ainsi les femmes cotisent moins longtemps aux caisses de
retraites, et connaissent les parcours professionnels moins
promotionnels que les hommes, à diplôme, compétence et poste égal.
S’ajoute à ces inégalités de rémunération et de droits à la retraite,
le fait que les femmes, (notamment en région parisienne qui en détient
le record national), sont souvent divorcées et ont dans beaucoup de
cas la charge des enfants issus du mariage (80% des famille
monoparentales).
Ainsi, elles n’ont même plus l’espoir d’avoir l’age de la retraite
étant venu la possibilité de toucher la pension de réversion de leur
conjoint disparu.
On constate donc que les femmes constituent une population fragilisée
sur le plan financier, qui vivent en moyenne 10 ans de plus que les
hommes et qui gonflent chaque année les rangs des pauvres.
Parallèlement de ce problème majeur, qui constitue un enjeu pour
notre société, les entreprises se privent de la compétence et de
l’expérience des seniors femmes et hommes, acquise au cours de leur
vie professionnelle, privée, familiale.
Sachant aussi, que les femmes plus jeunes doivent, entre 20 et 40
ans, construire leur carrière, mais en même temps, fonder leur
famille, il semble évident que des synergies entre ces deux catégories
de populations sont évidentes.
Ainsi, arborus plaide depuis plusieurs années pour une solidarité
inter-générationnelle, entre femmes mais aussi entre femmes et hommes.
Cette solidarité s’inspire du tutorat, qu’arborus nomme "marrainage"
et qui peut donner lieu à la création de binômes.
Dans ce cadre, arborus a mis en place un dispositif de "marrainage" pour les femmes créatrices d’entreprise. Le principe est simple, une
femme qui a créé et développé son entreprise, coache de manière
bénévole une femme qui est en train de créer ou de développer son
entreprise.
Ce système peut être adapté aux entreprises qui souhaitent se
séparer de femmes seniors.
Proposition
concrète
Il serait intéressant de développer ce concept et cette pratique du
"marrainage", fondée sur la solidarité entre femmes, en s’appuyant
sur la pratique et les réseaux d’arborus et en élargissant ces bonnes
pratiques aux jeunes femmes en poste dans les entreprises.
Cette bonne pratique pourrait venir aider dans leur déroulement de
carrière les femmes qui souhaitent fonder une famille notamment.
Des mesures incitatives pourraient être mises en place pour convaincre
les entreprises de jouer le jeu de la solidarité inter-générationnelle.
La marraine permet un transfert d’expériences et de compétences et
peut même le cas échéant, remplacer ponctuellement la jeune salariée
contrainte de s’absenter ponctuellement (dans le cas du binôme
notamment).
La Mairie de Paris pourrait en s’appuyant sur la compétence et le
réseau développés par arborus proposer des solutions gagnante-gagnante.
De plus, nous souhaitons informer le Codev qu’il existe une
pratique innovante à laquelle nous adhérons, qui consiste à la
pratique de "l’essaimage" mise en œuvre par l’association SCCORE. Il
s’agit pour une entreprise qui licencie, d’aider les salariés qui
partent à créer leur entreprise. Une des modalités de l ‘aide apportée
peut consister dans l’assurance d’un certain chiffre d’affaire annuel
sous la forme de la sous-traitance de certaines missions.
Ces deux propositions concernent aussi bien les femmes que les
hommes.
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II – Concernant la seconde question relative à la promotion des
femmes aux postes de cadre.
Il n’est pas étonnant que ce soit à Paris que la discrimination
salariale entre les femmes et les hommes soit la plus forte sur le
territoire national et que l’accès des femmes aux postes de
responsabilité soit aussi le plus faible.
En effet, Paris (et sa région) concentre sur son territoire le plus
grand nombre de sièges sociaux d’entreprises et par voie de
conséquences les postes de pouvoir. Or, on le sait, les femmes en sont
exclues pour de nombreuses raisons et se heurtent au fameux "plafond
de verre".
Elément
de réponse
Pour que les femmes puissent être promues dans les entreprises et
pour qu’elles puissent accéder à de postes de pouvoir, il convient de
faire évoluer les mentalités. Or une telle révolution culturelle ne
peut pas se faire du jour au lendemain, mais surtout sans
accompagnement et notamment sans une volonté politique forte et sans
cesse réaffirmée.
Si la Ville de Paris se donne comme enjeu de préparer une société
plus moderne, empreinte des valeurs dites féminines, dans l’entreprise
mais plus globalement dans toutes les sphères de la société, alors, il
convient d’enfourcher aussi ce cheval de bataille1.
Pour ce faire nombreuses sont les pistes d’action : elles vont de
l’enseignement scolaire dès le plus jeunes âge, à une communication
plus globale et grand public en passant par une sensibilisation des
chefs d’entreprise et des managers sur la plus value représentée par
la mixité tous les niveaux de la hiérarchie y compris les plus élevés.
Des outils existent d’ores et déjà, parmi lesquels la loi Génisson
sur l’égalité professionnelle du 9 mai 20012. D’autres restent encore à
mettre en place.
Propositions
concrètes
- La Mairie de Paris pourrait lancer une campagne de sensibilisation
sur ce sujet en direction des entreprises qui sont sur son territoire
:
- Des expérimentations "territoire-entreprise" en lien notamment
avec les bureaux des temps des mairies d’arrondissement pourraient
être menées (arborus a toute la compétence et le savoir-faire pour
aider à cette mise en oeuvre). Cette démarche a déjà été proposée par
arborus aux bureaux des temps.
- La mobilisation des inspecteurs du travail pour vérifier la bonne
application de la loi Génisson dans les entreprises.
- La mise en place d’une aide au conseil pour les entreprises qui
souhaitent s’engager dans l’égalité professionnelle.
- La formation d’agents municipaux ou de formateurs à ces questions
de l’égalité femmes-hommes.
NB : arborus a acquis depuis quelques années une expérience
pionnière en matière de mise en œuvre de l’égalité professionnelle
dans les entreprises et a mis en place une méthodologie pour y
parvenir et pourrait aider à la mise en place de ces dispositifs de
conseil, d’accompagnement ou de formation.
De plus arborus vient de déposer auprès de la Commission européenne un
projet d’Observatoire Européen de l’Egalité des Chances pour lequel
une dizaine d’entreprises françaises et de nombreuses entreprises
d’autres Etats membres, ont déjà adhéré.
Cet Observatoire constitue un outil de benchmarking très important
dans la mise en place de l’égalité dans les entreprises. Il contient
aussi un volet sur l’entrepreneuriat par les femmes.
La Ville de Paris pourrait y adhérer aussi et travailler en synergie
sur ces questions.
- Cf. "Et
si les femmes réinventaient le travail" - Cristina Lunghi -
Editions Eyrolles 2001
- Cf. "L'égalité
professionnelle en pratique" - Cristina Lunghi - Editions d’Organisation
2003
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