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La loi
du 9 mai 2001,
N° 2001-397 relative à l’égalité professionnelle
entre les femmes et les hommes et modifiant le code du travail.
Cette
loi part du diagnostic selon lequel la loi "Roudy" de 1983 sur l’égalité
professionnelle, n'a pas suffi à vaincre les inégalités
entre les femmes et les hommes dans le monde du travail.
Deux
raisons au moins expliquent ce phénomène :
- la
méconnaissance du texte de loi par les chefs d’entreprise,
les syndicats et les salarié(e)s ;
- l’absence
de mesure coercitives associées à la non application
de la loi. Ce deuxième motif semble être le plus fort.
La loi
de 2001 a tenu compte de ces deux écueils et a prévu des
dispositions qui viennent pallier ces insuffisances en posant l’égalité
professionnelle comme un objectif majeur de la négociation collective
au niveau de l’entreprise et de la branche et en incitant les organisations
syndicales à appliquer le principe de l’égalité
femmes-hommes lors des élections professionnelles.
Concrètement,
concernant
l’obligation de négociation collective, la loi prévoit
deux obligations :
- Celle
de négocier tous les trois ans au niveau de la branche sur :
- les
conditions d’accès à l’emploi, à la formation
et à la promotion,
- les
conditions de travail et d’emploi.
Cette négociation se déroule sur la base d’un rapport
présentant la situation comparée des Femmes et des
hommes dans ces deux domaines, sur la base d’indicateurs qualifiés
de " pertinents ", et qui reposent notamment sur des éléments
chiffrés pour chaque secteur d’activité.
Ces
indicateurs doivent être porté à la connaissance
des salarié(e)s par la voie de l’affichage sur le lieu de
travail ou par tout autre moyen adapté aux conditions d’exercice
de l’activité professionnelle (par email par exemple)
- A cette
obligation s’ajoute celle de négocier chaque année au
sein de l’entreprise sur l’égalité professionnelle.
La loi précise que la négociation doit porter sur les
objectifs à atteindre dans ce domaine et pour qu’ils ne restent
pas au stade de l’intention, la négociation doit envisager
les mesures permettant de les atteindre à partir des éléments
contenus dans le rapport de situation comparative cité précédemment
mais aussi sur la base d’indicateurs qui tiennent compte de la situation
particulière de l’entreprise.
Autre
élément innovant, la nature obligatoire et coercitive
de la loi :
En effet,
si l’entreprise n’a pas engagé ces procédures de négociation
dans le délais des 12 mois la négociation s’engage obligatoirement
à la demande d’une organisation syndicale.A
défaut, le chef d'entreprise ayant "entravé" la négociation
est passible d’une peine allant d'une pénalité financière
jusqu'à une peine de prison pour " délit d’entrave ".
Cette
loi a été l’occasion aussi de mettre la France en conformité
avec le droit européen en levant l’interdiction du travail de
nuit des femmes. Elle comporte également un titre consacré
à l’égalité professionnelle dans le secteur public.
Liste
des indicateurs pertinents parus au décret n°2001-832 du 12 septembre
2001 (JO N°214 du 15 septembre 2001) :
"Ces indicateurs
comprennent des données chiffrées permettant de mesurer
les écarts et, le cas échéant, des données
explicatives sur les évolutions constatées ou à
prévoir.
"Ces
indicateurs sont les suivants :
1. Conditions
générales d'emploi
• Effectifs
Données
chiffrées par sexe :
-
répartition par catégorie professionnelle selon les différents
contrats
de travail ;
-
pyramide des âges par catégorie professionnelle.
• Durée
et organisation du travail
Données
chiffrées par sexe :
-
répartition des effectifs selon la durée du travail :
temps complet, temps
partiel à 50 % ou ou égal à 50 % ;
-
répartition des effectifs selon l'organisation du travail : travail
posté,
travail de nuit, horaires variables, travail atypique dont travail
durant le week-end...
• Données
sur les congés
Données
chiffrées par sexe :
-
répartition par catégorie professionnelle selon :
-
le nombre et le type de congés dont la durée est supérieure
à six mois
: compte épargne temps, congé parental, congé sabbatique.
• Données
sur les embauches et les départs
Données
chiffrées par sexe :
-
répartition des embauches par catégorie professionnelle
et type de contrat
de travail ;
-
répartition des départs par catégorie professionnelle
et motifs : retraite,
démission, fin de contrat à durée déterminée,
licenciement.
• Positionnement
dans l'entreprise
Données
chiffrées par sexe :
-
répartition des effectifs selon les niveaux d'emplois définis
par les
grilles de classification au sens des conventions collectives.
• Promotions
Données
chiffrées par sexe :
-
répartition des promotions au regard des effectifs de la catégorie
professionnelle
concernée ;
-
nombre de promotions suite à une formation.
2. Rémunérations
Données
chiffrées par sexe, et selon les catégories d'emplois
occupés au
sens des grilles de classification ou des filières/métiers
:
-
éventail des rémunérations ;
-
rémunération moyenne mensuelle ;
-
nombre de femmes dans les dix plus hautes rémunérations.
3. Formation
Données
chiffrées par sexe :
-
répartition par catégorie professionnelle selon :
-
la participation aux actions de formation ;
-
la répartition par type d'action : formation d'adaptation, formation
qualifiante,
congé individuel de formation, formation en alternance ;
-
le nombre moyen d'heures d'actions de formation.
4. Conditions
de travail
Données
générales par sexe :
-
répartition par poste de travail selon :
-
l'exposition à des risques professionnels ;
-
la pénibilité, dont le caractère répétitif
des tâches"
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