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Nulle n’est censée ignorer la loi… - Commentaires

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Conventions Internationales, Communautaires et Européennes : sommes-nous maîtres de notre destin ?
Compte-rendu du diner-débat avec Marie-Cécile Moreau du 29 juin 2001

Marie-Cécile MOREAU est une juriste qui a choisi de se spécialiser dans le droit des femmes. Elle dit qu’elle est entrée en " féminie ". Elle préfère ce mot à celui de féminisme, tout d’abord par respect pour les militantes de la première heure dont elle ne faisait pas partie, mais aussi, parce qu’elle revendique d’être une femme et que le terme féminisme se positionne par rapport aux hommes et qu’il porte en lui une idée de combat qui ne lui convient pas.

Marie-cécile MOREAU a choisi le thème de ce soir pour deux raisons, tout d’abord, en tant que praticienne du droit, elle estime que le droit est une règle du jeu social, qu’elle concerne chacune et chacun d’entre nous et par conséquent, il faut la connaître.
Ensuite, parce que l’actualité récente l’a amenée à s’interroger sur l’impact des conventions internationales, européennes et communautaires sur le droit positif français.

Il convient de se demander, combien de textes sont inspirés par les traités et conventions qui obligent la France, et comment on peut utiliser ces instruments pour défendre la cause des femmes.

Il existe trois sortes d’instruments de droit international qui intéressent la cause des femmes :

1. Les conventions larges

Il s’agit des grandes conventions multilatérales négociées sous l’égide de l’ONU. Pour le droit des femmes, il s’agit de la convention sur l’élimination de toutes formes de discriminations à l’égard des femmes, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 18 décembre 1979 et ratifiée par la France en 1983.

2. Les Conventions Européennes

Notamment, la Convention Européenne de Sauvegarde des droits de l’homme (CDEH), qui est directement applicable en France.

3. Les textes communautaires

Les Traités qui concernent les 15 Etats membres : Les Traités de Rome, Maastrich, Amsterdam, Nice.

L’actualité récente nous offre l’exemple de plusieurs textes dont l’adoption a été provoquée par nos engagements conventionnels internationaux.

Premier exemple : la loi du 31 mai 2001 qui instaure un centre national pour la recherche des origines. Ce centre permettra à l’enfant né " sous X " de retrouver un lien avec sa mère. Cette loi a été inspirée par la Convention Internationale des droits de l’enfant du 20 novembre 1989, qui consacre le droit de l’enfant à connaître ses origines. On retrouve dans les motifs de la loi française un rappel de l’article de la convention.

Cette loi privilégie l’intérêt de l’enfant, mais ne se préoccupe pas de la situation de la mère. En effet, l’accouchement sous X concerne des femmes en situation difficile, soit que le délai d’avortement est passé, soit qu’elles ne disposent pas des moyens suffisants pour y recourir. Il conviendrait d’insister sur le fait que la mère est en détresse.

Un autre exemple : le travail de nuit des femmes. La France qui a interdit le travail de nuit des femmes est en infraction avec la directive Européenne de 1976, qui au nom du principe d’égalité considère que l’interdiction du travail des femmes crée une discrimination. La cour de justice des communautés européennes a à plusieurs reprises affirmée que la France était en infraction. En 1995 une procédure de manquement a été instruite contre la France et en 1997, la commission a condamné la France à une astreinte de 900 000 F par jour.

Le gouvernement a profité du projet de loi de Catherine GENISSON, sur l’égalité professionnelle pour proposer par voie d’amendements la suppression de l’interdiction du travail de nuit des femmes.

Ces deux exemples nous montrent que ces progrès législatifs sont venus de l’application des textes internationaux et européens et non des citoyens. D’où l’importance d’une connaissance accrue des instruments mis à notre disposition par le droit international et le droit européen, afin de faire évoluer davantage le droit des femmes dans l’hexagone.

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