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Voir aussi : Commentaires - Textes de référence
Hiérarchie
des normes
Toutes
les normes n’ont pas la même force. Certaines sont générales
et applicables à toutes et à tous, d’autres spécifiques.
Pour s’y retrouver Arborus vous propose leur hiérarchie.
Dans le
foisonnement des textes internationaux, européens et nationaux,
il est indispensable de connaître leur valeur juridique les unes
par rapport aux autres pour mieux les utiliser. Chaque niveau hiérarchique
sera illustré par des exemples.
On distinguera
trois niveaux :
- DROIT
CONSTITUTIONNEL : le bloc de constitutionalité
-
DROIT EUROPEEN ET INTERNATIONAL : les traités et accords internationaux
-
DROIT NATIONAL : les lois et textes à valeur législative
1er
niveau : DROIT CONSTITUTIONNEL
Les normes
de droit constitutionnel sont communément regroupées sous
le terme de bloc de constitutionalité qui se compose ainsi :
- la
Constitution : texte fondateur qui est un ensemble de règles
écrites ou coutumières qui détermine la forme
de l’Etat, l’organisation et l’exercice du pouvoir et pose un certain
nombre de principes fondamentaux applicables dans tous les domaines.
Actuellement, la France est sous le régime de la cinquième
république, instituée par la Constitution du 4 octobre
1958.
- les
lois organiques sont des lois adoptées par le Parlement ou
par le Peuple (Referendum) et qui complètent la Constitution
sur certains points (Par exemple l’élection du Président
de la République au suffrage universel).
- le
Préambule de la constitution qui renvoie à la déclaration
des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, et au préambule
de la constitution du 27 octobre 1946, qui est intéressant
car il fait référence aux "principes qualifiés
de particulièrement nécessaires à notre temps"
et principes fondamentaux reconnus par les lois de la République
(La liberté d’association, loi 1901).
L’intégralité
des normes qui forment aujourd’hui le bloc de constitutionnalité
s’impose, tel qu’interprété par le Conseil Constitutionnel,
à l’ensemble des autorités publiques : pouvoirs exécutif,
législatif et judiciaire.
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2ème
niveau : DROIT EUROPEEN ET INTERNATIONAL
Il s'agit
des traités et accords internationaux introduits dans le droit
Français, c’est-à-dire ratifiés par la France,
ainsi que des normes communautaires européennes (Traités
de Rome, Maastricht, Amsterdam, Droit dérivé).
Droit
International
Traités :
Accords conclus entre Etats ou autres sujets du Droit International,
comme les Organisations internationales (ONU, OMC, OIT) en vue de
produire des effets de droits, de poser une règle de droit,
d’établir une situation juridique. Les dénominations
variées des traités (Pacte, Chartre, Accord, Convention,
Protocole etc.) n'ont pas de conséquence sur leur régime
juridique.
Il
existe deux formes de Traités internationaux :
- Les
Traités Multilatéraux résultant de l’accord
de plus de deux contractants (par exemple les Traités de
création d’une organisation internationale ou régionale,
les Traités reconnaissants certains droits fondamentaux,
Droits de l’enfant, abolition de la torture et de l’esclave).
Ou, des Traités multilatéraux universels qui sont
ouverts à la signature de tous les Etats.
Exemple : la Convention sur l’élimination de toutes
les formes de discriminations à l’égard des femmes,
adopté par l’Assemblée Générale des
Nations Unies, le 18 décembre 1979.
- Les
Traités Bilatéraux qui résultent de l’accord
de deux contractants seulement et servent à résoudre
un conflit ou une situation entre deux Etats.
Exemple : les conventions conclues entre Etats pour régler
les conséquences d’un divorce entre deux de leurs nationaux.
Droit
Européen
Le
droit communautaire a été considérablement
élargi par les textes dérivés émanant
des organes communautaires. Ce droit communautaire est subordonné
aux Traités originaires et aux Traités et actes se
trouvant au sommet de la hiérarchie des normes communautaires
(art.189 du traité de l'Union). La Cour de Justice des Communautés
Européennes a pour attribution de faire respecter cette hiérarchie.
Traités
Fondateurs :
La
construction européenne se base sur les trois traités
fondateurs suivants :
- Le
traité instituant la Communauté Européenne
du Charbon et de l'Acier (CECA) signé à Paris et
entré en vigueur le 23 juillet 1952.
- Le
traité instituant la Communauté Européenne
(CE), signé à Rome et entré en vigueur le
1er janvier 1958. Le traité consacre l’égalité
de rémunération dans son article 119.
- Le
traité instituant la Communauté Européenne
de l'Energie Atomique (Euratom), signé à Rome et
entré en vigueur le 1er janvier 1958.
Les
traités fondateurs ont été adaptés
à plusieurs reprises, notamment lors des adhésions
de nouveaux États membres en 1973, 1981, 1986 et 1995.
Ils ont également connu trois réformes plus profondes
qui ont amené des modifications institutionnelles importantes
ainsi que l'introduction de nouveaux domaines de compétence
pour les institutions européennes. Il s'agit des trois
traités suivants :
-
L’Acte unique européen (AUE), signé à Luxembourg
et La Haye et entré en vigueur le 1er juillet 1987.
- Le
traité sur l'Union européenne, signé à
Maastricht et entré en vigueur le 1er novembre 1993.
- Le
traité d'Amsterdam signé le 2 octobre 1997, entré
en vigueur le 1er mai 1999. Intègre la promotion de l’égalité
entre femmes et hommes dans les missions de la communauté,
et consacre le principe de l’égalité des chances.
- Le
traité de Nice conclu lors du Conseil européen des
7 et 9 décembre 2000 et signé le 26 février
2001 vise à modifier les traités existants. Il entrera
en vigueur après avoir été ratifié par
les 15 Etats membres selon leurs règles constitutionnelles
respectives. Le processus de ratification en cours se poursuivra
jusqu'en 2002.
A cette
occasion, les Présidents du Parlement européen, du Conseil
et de la Commission ont proclamé et signé une Charte
des Droits Fondamentaux de l’Union européenne. Il est rappelé
dans le préambule de la Charte l’attachement de l’Union "aux
valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de
liberté, d’égalité et de solidarité".
La charte contient deux articles concernant le droit des femmes, l’article
21 sur la non discrimination et l’article 23 sur l’égalité
entre hommes et femmes.
- Droit
dérivé européen
Règlements
européens :
Acte
d’une portée générale, qui fixe une règle,
impose une obligation où accorde un droit à l'ensemble
des citoyens des Etats membres.
Il
est obligatoire dans tous ses éléments : la totalité
de ses dispositions s'impose aux juridictions et aux ressortissants
des Etats membres.
Il
est directement applicable dans tout Etat membre, à la date
qu'il fixe sans l’intervention des institutions nationales.
Directives :
Actes
liant les Etats membres destinataires qu’elles désignent,
tous les Etats membres ou certains d’entre eux. Elle fixent le résultat
à atteindre et laissent aux Etats le choix des moyens et
de la forme de la transposition dans le droit interne, par loi ou
par décret. L’Etat membre doit prendre toute mesure pour
en assurer l’effet utile.
Dans
le cas contraire, une procédure de manquement peut-être
engagée à l’encontre de l’Etat défaillant.
Plusieurs
directives ont été adoptées afin d’étendre
l’égalité professionnelle entre femmes et hommes,
notamment celle du 09 février 1976 qui concerne l’accès
à l’emploi, à la formation et à la promotion
professionnelle.
Décisions :
La
décision oblige les destinataires individuellement désignés
(un particulier, une entreprise ou un Etat).
Elle
impose à la fois le résultat à atteindre et
les modalités d'exécution (voie législative
ou réglementaire).
Elle
accorde, directement et immédiatement, des droits ou des
obligations à ses destinataires.
La
recommandation et l'avis : non-obligatoires, ils détiennent
un caractère déclaratoire.
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3ème
niveau : DROIT NATIONAL
- Normes
à valeur législatives :
- Dans
ce groupe, nous trouvons en premier lieu la loi qui est la règle
suprême de droit écrit et divers actes d’autres origines
qui ont valeur législative.
La
loi est la norme classique, elle crée des droits ou des
obligations. Elle est générale, c’est-à-dire
qu’elle s’applique à tous, permanente, elle ne peut être
abrogée que par une autre loi. La loi est un texte voté
par le Parlement (Assemblée et Sénat) sur proposition
du gouvernement ou des députés.
Sa
conformité à la constitution et aux normes supérieures
est contrôlée par le Conseil Constitutionnel. Ce
contrôle est effectué avant sa promulgation.
Après
sa promulgation, la loi s’impose à tous, à l’administration,
aux juges et aux citoyens. Elle prévoit souvent une sanction,
en cas de non-respect des règles qu’elle édicte.
Exception :
la loi référendaire est un texte non pas voté
par le Parlement mais adopté par le peuple se prononçant
par referendum (Art 11 de la Constitution). Ces lois ne sont
pas soumises au contrôle du Conseil Constitutionnel.
- Les
actes à valeur législative sont des textes n’émanent
pas du Parlement, ni du Peuple, mais qui ont force de loi, il
s’agit :
-
Des mesures prises par le gouvernement exerçant le
pouvoir législatif pendant les périodes de transition
constitutionnelle.
-
Des actes administratifs qui ont été ratifiés par l’autorité
investie du pouvoir législatif. Dès lors ils se transforment
en lois.
- Des
mesures prises par le Président de la République
exerçant les pouvoirs exceptionnels prévus par
l’article 16 de la constitution.
On
peut ajouter dans ce groupe les Principes Généraux
du Droit, qui sont des principes, dégagés par
la jurisprudence administrative, qui complètent et servent
à une meilleure compréhension du système
juridique.
Ces
principes s’imposent à l’administration, le juge administratif
contrôle la conformité des actes de l’administration
à ces principes. Exemples de PGD, principe d’égalité
devant la loi, principe interdisant de licencier une femme enceinte.
- Les
normes à valeur réglementaire :
Cette
catégorie recouvre les textes suivants :
- Les
décrets du Président de la République délibérés
en Conseil de Ministres.
- Les
décrets (simples) du Président de la République.
- Les
décrets du Premier Ministre.
- Les
arrêtés interministériels.
- Les
arrêtés ministériels.
- Les
arrêtés préfectoraux.
- Les
arrêtés municipaux pris par le maire de la commune.
Il
faut y ajouter les normes fixées par les Autorités Administratives
Indépendantes comme la Commission des Opérations de
Bourse, la Commission Nationale Informatiques et Libertés,
et le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.
Ces
textes sont pris soit en application d’une loi, soit ils réglementent
une matière de façon nouvelle. Ce sont alors des règlements
autonomes. Ils ne sont opposables aux intéressés qu’après
publication au Journal Officiel.
Ces
règlements peuvent êtres contestés auprès
des tribunaux administratifs et judiciaires, par le recours pour excès
de pouvoir et l’exception d’illégalité.
Les
Circulaires sont des instructions écrites adressées
aux agents de l’administration par un supérieur hiérarchique
(le ministre de tutelle), afin d’interpréter les textes, ou
d’éclairer les agents.
Les
circulaires n’ont pas de valeur juridique, mais les administrés
peuvent s’en prévaloir.
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