Egalité professionnelle à l’honneur : Forum Jump édition 2014

Cette année, le forum JUMP à Paris a décidé de jouer la carte de l’innovation en faisant le lien entre le « féminin » comme clé du capitalisme conscient.
Pour animer ses deux conférences d’ouverture et de clôture, JUMP a demandé à Cristina Lunghi, Déléguée Générale du Fonds arborus de jouer le rôle de Maitresse des cérémonies….

Rôle auquel elle s’est prêtée avec beaucoup de plaisir, d’autant plus que pour Cristina Lunghi, les valeurs dites féminines sont un sujet sur lequel elle travaille de longue date…et qu’elle estime être un des piliers de l’accompagnement à travers les politiques d’égalité professionnelle vers un changement systémique.

La premiere table ronde : Le féminisme, clé du capitalisme conscient

Cristina Lunghi introduit le sujet en estimant que :
« Aujourd’hui nous sommes face à un tournant historique, où les femmes, nous sommes détentrices de notre destin car nous sommes totalement libres : libre de disposer de notre corps, de choisir d’avoir ou pas des enfants, de choisir à quel moment et donc de planifier notre parcours professionnel… de choisir qui aimer aussi… c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que ces conditions sont réunies pour nous donner la possibilité de prendre notre place dans la société en dehors de la sphère strictement familiale.

Et de plus, nous apportons notre regard qui prend en compte la vie dans sa globalité, celle de l’entreprise, à laquelle s’ajoute celle des enfants que nous mettons au monde et pour lesquels nous souhaitons un monde meilleur !

C’est bien ce qui nous différencie des « diversités »…. Nous sommes l’autre moitié du monde, l’autre partie du ciel…, nous sommes l’autre pôle de l’humanité et le temps est venu où notre poids doit peser dans la balance économique avec nos valeurs « dites féminines »…

Ces valeurs « dites féminines » représentent des atouts majeurs car elles permettent enfin de réaliser ce que j’appelle la « complétude » entre les femmes et les hommes par cet équilibre entre le féminin et le masculin qui doit aboutir à une véritable révolution silencieuse qui montre la voie d’un monde nouveau, plus juste, plus pacifique aussi et où il font bon vivre…

Et c’est bien là que se rejoignent les deux notions qui constituent le titre de cette conférence : le féminin, qui nous le verrons dans les débats, s’entend comme les valeurs portées notamment par les femmes – et les hommes éveillés ! -, pour construire un capitalisme conscient.

Nous verrons que les femmes et les valeurs « dites féminines » préfigurent une société où la réalisation de son propre idéal, et où sa propre auto-réalisation conduisent vers davantage de bonheur … donc de performance et donc de développement économique.

C’est cette nouvelle alchimie entre le féminin et le capitalisme qui doit conduire les entreprises à prendre en compte cette nouvelle réalité : celle de la présence des femmes dans l’entreprise, dans tous les métiers, dans tous les secteurs et à tous les niveaux hiérarchiques…

Les conférenciers expriment leur adhésion à cette vision.
Valerié Collin Simard, auteure de « Masculin Féminin la grande réconciliation » donne une définition des valeurs dites féminines et masculines.
Tandis qu’Olivier Onghena qui promeut le capitalisme conscient , Daniel Truran, fondateur du HUB Madrid et Arnaud Maurot, co-fondateur d’Ashoka Europe qui travaillent dans le secteur de l’entrepreneuriat social expliquent que la prise en compte du bien-être au travail induit plus de performance globale et que les femmes sont particulièrement douées pour cela !
Frederique Clavel, présidente fondatrice de la Fédération Pionnières, incubateurs en France et en Afrique pour promouvoir des entreprises créées par des femmes dans un secteur innovant, estime que les femmes sont à l’avant-garde de l’économie positive et du capitalisme conscient. Elle donne pour ce faire des exemples concrets.
Enfin, Brigitte Dormion, apporte une vision très intéressante du sentiment qu’ont les femmes concernant la gouvernance à partir d’une étude qu’elle a co-dirigée de l’AFMD

Une table ronde qui vient bouleverser les idées reçues et remettre au premier plan les valeurs féminines et masculines comme filtre de lecture et de progrès pour l’égalité et la modernité…

La conférence de clôture, consacrée au thème « Oser l’ambition » a soulevé les passions.

Cristina Lunghi introduit le propos de la façon suivante :  » Cette conférence a un intitulé très fort. Deux mots Oser et Ambition sont associés… mais quels mots !

Oser ! C’est ce que clamait Olympe de Gouges. Elle exhortait ainsi les femmes de son époque à Oser réclamer l’égalité face aux hommes

Ambition : c’est un mot paradoxal : il concerne le pouvoir, le succès, avec une connotation qui peut être de l’ordre de la prétention…

L’association d’Oser et d’ambition, qui plus est dans une réflexion autour du féminin est encore plus forte !
C’est comme si pour une femme, l’ambition seule ne suffisait pas et qu’il faudrait lui ajouter de l’audace !

Cela signifierait-il que pour être une femme ambitieuse, il faudrait être en plus audacieuse pour oser avoir l’ambition de faire, d’être… ?

Contrairement à un homme pour qui l’ambition seule suffirait à atteindre ses objectifs ?

Comme si l’ambition n’était pas une valeur portée par les femmes ? »

Voilà le décor posé, qui permet à la coach anglaise de notoriété internationale, Lynett Allen d’expliquer « Why ambitious women are bad girls »!

Le philosophe iconoclaste Vincent Cespedes, s’enflamme et nous dit de croquer la vie et d’oser y aller à pleines dents ! « Soyez sauvages » exhorte-il à la salle remplie de femmes ! Par sauvage, il faut entendre « passion »… Mais l’ambition se décline au féminin selon les conférencières de la table ronde. Pour Céline Gallon qui travaille chez BNP, les femmes ajoutent une dimension d’âme à leur ambition professionnelle, pour Thaima Samman, avocate et fondatrice du réseau WIL, l’ambition prend plusieurs formes et les femmes, même si elles doivent être des hommes comme les autres, ne doivent pas adopter les codes masculins pour pouvoir faire évoluer les systèmes d’organisation.
Julia Mouzon, qui a fondé en 2012, Femmes & Pouvoir, apporte un point de vue sur les différences entre la sphère politique et économique.
Un débat passionnant se déroule entre les deux générations représentées à la tribune, sur l’apport des nouvelles générations au sujet… tous les espoirs sont permis !

Le DRH du Groupe Société Générale vient achever ses travaux par sa vision de l’égalité professionnelle  » c’est comme une guérilla : immeuble par immeuble, rue par rue, village par village »…on l’a compris, il est engagé farouchement sur ces sujets. Un message fort, stratégique, qui confirme que les grands groupes ont bien compris la taille de l’enjeu autour du sujet des femmes dans l’entreprise.

Isabella Leonarduzzi clôture cette édition JUMP 2014 par une vibrante exhortation à aller voter le 25 mai pour élire nos représentant-e-s au Parlement européen en rappellant que l’Europe existe, et qu’elle est belle. Elle illustre son propos en évoquant son père, fondateur d’Erasmus… Une Europe orientée vers l’avenir !

Forum Jump 2014